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Corruption : les bons et les mauvais élèves en Afrique

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L’ONG Transparency International vient de publier son rapport annuel sur l’indice de perception de la corruption dans le monde pour l’année 2015.

Les critères du classement

L’organisme Transparency International établit l’indice annuel de perception de la corruption (IPC) dans 168 pays différents. Il intègre des sondages réalisés spécialement par des cabinets indépendants. Cet indice composite mesure le niveau de corruption dans le secteur public et dans la classe politique locale étant entendu que la corruption est désignée comme :

« l’abus d’une charge publique à des fins d’enrichissement personnel, […] par exemple, la corruption d’agents publics, les pots-de-vin dans le cadre de marchés publics, le détournement des fonds publics ou des questions qui sondent la fermeté des politiques de lutte contre la corruption, incluant de ce fait la corruption administrative et la corruption politique ».

L’IPC se traduit sur une échelle qui va de 0 (pays perçu comme fortement corrompu) à 100 (pays perçu comme non corrompu).

Les pays qui se distinguent

L’IPC 2015 a été révélé lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 27 janvier à Berlin. Une nouvelle fois, ce sont les pays d’Europe du Nord qui figurent en tête de liste. Les dix premières places sont respectivement occupées par le Danemark (91), la Finlande (90), la Suède (89), la Nouvelle-Zélande (88), la Hollande (87), la Norvège (87), la Suisse (86), Singapour (85), le Canada (83) et l’Allemagne (81).

L’ONG indique que d’une manière générale le nombre de pays dont l’Indice s’est amélioré dépasse celui des pays dont l’indice s’est détérioré. Parmi les « très bons élèves » d’Afrique, on trouve le Sénégal qui est passé de l’indice 36 en 2012 à l’indice 44 en 2015 (+ 8 points).

Les mauvais élèves

Plus des deux tiers des pays n’atteignent pas la moyenne (soit 50 sur 100). La moitié des pays du G20 en font partie. Il faut d’ailleurs préciser qu’un pays dont l’administration publique est perçue comme très intègre peut avoir de très mauvais comportements quand ses compagnies traitent à l’étranger avec des administrations locales. Certains pays ont connu une forte détérioration de leur Indice. C’est le cas de l’Australie, du Brésil (affaire Petrobas qui éclabousse le pouvoir en place), de la Libye, de l’Espagne ou de la Turquie.

Les indices de l’Afrique

Malheureusement, les pays d’Afrique occupent trop souvent les plus mauvaises positions dans ce classement. Entre la 150ème place et la dernière place, on trouve 9 pays africains. Les plus mauvais élèves sont la Somalie (167ème indice 8), le Soudan (165ème, indice 12), le Soudan du Sud et l’Angola (163ème à égalité, indice 15).

Le pays le mieux classé est le Botswana (28ème, Indice 63). Il est suivi du Rwanda (44ème, Indice 54), de la Namibie (45ème, indice 53), du Ghana (56ème, indice 47), et du Sénégal et de l’Afrique du Sud (61ème ex-aequo, indice 44).

Les causes de la corruption

L’ONG relève que les 10 pays les plus corrompus sont aussi ceux qui sont considérés comme les plus dangereux du monde. Mais parfois, même quand il n’y a plus de conflits ouverts, la corruption règne. Sur son site, les responsables de l’ONG citent l’Angola où 70% de la population vit avec moins de 2 US$ par jour et 1 enfant sur 6 meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Pourtant, avec un patrimoine évalué à 3,4 milliards d’US$, Isabel Dos Santos est la plus jeune milliardaire d’Afrique. Son patrimoine a été acquis rapidement et récemment. Elle est la fille de l’actuel président.

Ce classement permet d’établir une forte relation entre corruption, conflits armés et pouvoir en place non démocratique. Malheureusement trop de pays d’Afrique souffrent d’au moins l’un de ces maux.

À SUIVRE : Nicki Minaj accepte de se produire en concert à Luanda pour un cachet de 2 millions de dollars.

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