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Le mariage forcé est loin d’avoir disparu

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Le nombre des mariages forcés est en progression constante dans le monde. Ce phénomène est particulièrement fréquent en Afrique, cependant aucun pays du monde n’en est exempt. Bien que les mariages forcés soient interdits par toutes les religions, ils restent des éléments culturels que combattent de nombreuses organisations internationales ainsi que des personnalités reconnues. C’est le cas de Balkissa Chaibou, la jeune Nigérienne qui a dit non au mariage forcé.

L’histoire de Balkissa Chaibou

Aujourd’hui âgée de 19 ans, Balkissa Chaibou visite les écoles de son pays pour témoigner de son histoire et alerter les jeunes filles sur les risques du mariage précoce et forcé.

Elle avait 12 ans quand ses parents lui ont présenté l’homme avec lequel elle devait se marier quelques années plus tard. Ce jour, Balkissa comprend très vite que cette union mettrait un terme à ses études et à son aspiration à devenir médecin. À 16 ans, elle contacte l’ONG Centre for Judicial Assistance and Civic Action, et ensemble, elles engagent des actions judiciaires contre la famille de la jeune fille. L’affaire est classée, mais le projet de mariage est abandonné et Balkissa peut aller à l’université. L’histoire de Balkissa Chaibou est loin d’être un cas isolé.

Les mariages forcés en Afrique et dans le monde

Selon les chiffres officiels, près de 40 000 femmes de moins de 18 ans sont mariées de force chaque jour dans le monde. Au total, elles sont 14 millions à être concernées par cette situation chaque année. Le Niger est l’un des pays où le nombre des mariages précoces et forcés est très élevé. D’après les chiffres de l’UNICEF, près de 36 % des jeunes filles sont mariées à 15 ans et 75 % le sont avant d’avoir 18 ans.

Toutefois, la majorité des pays d’Afrique subsaharienne sont concernés et dans le monde, la situation est vraiment préoccupante au Maghreb, en Afrique subsaharienne, en Asie du sud-est et sur le sous-continent indien. Outre le Niger, les pays les plus souvent cités sont Madagascar, la République centrafricaine, le Tchad, la Macédoine, la Turquie, la Russie ou la Thaïlande. Mais en raison de l’importance des mouvements migratoires, tous les pays sont désormais concernés. Ainsi, on estime qu’en France, 70 000 mariages forcés sont célébrés chaque année.

La tradition, pas la religion

Malgré ce que prétendent leurs instigateurs, les mariages forcés ne répondent pas à des obligations religieuses. Dans le catholicisme, le décret de Gratien indique que la liberté est nécessaire pour la validité des contrats de mariage. L’Islam rappelle qu’on ne peut pas forcer deux êtres à vivre ensemble et les écoles juridiques musulmanes combattent les unions forcées.

Les mariages forcés sont donc des éléments culturels qui se transmettent à travers les générations et notamment dans les régions pauvres où l’éducation scolaire est absente. Les conséquences des mariages forcés touchent à la liberté des jeunes gens, mais elles sont particulièrement dangereuses chez les jeunes filles pubères qui tombent enceintes. Beaucoup d’entre elles meurent au moment de l’accouchement.

À SUIVRE : Côte d’Ivoire : des disparitions d’enfants qui inquiètent.

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