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Boutros Boutros-Ghali, l’ancien secrétaire général des Nations Unies s’en est allé

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Le mardi 16 février, Boutros Boutros-Ghali s’est éteint au Caire à l’âge de 93 ans. Le passage de ce diplomate érudit à la tête de l’ONU (1992-1996) a marqué la fonction. Il est le premier secrétaire général à combattre aussi ardemment les nationalismes en tentant d’imposer la vision humaniste de l’ONU. Il y parvenient sans doute car son époque est riche en évènements historiques.

Un intellectuel brillant

Boutros Boutros-Ghali est mort au Caire, la même ville qui l’a vu naître le 14 novembre 1922. Cet Égyptien est issu d’une famille de chrétiens coptes. Il fait de brillantes études et obtient une licence en droit de l’université du Caire (1946), un doctorat en droit international de l’université de Paris et le diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris en 1949. Il se dirige alors vers l’enseignement et rejoint l’université du Caire en tant que professeur de droit international et de relations internationales.

Dans la vie publique, il est nommé à des postes prestigieux. Il est notamment directeur du Centre de recherches de l’Académie de droit international de La Haye (1963 à 1964) et président du Centre d’études politiques et stratégiques (Al-Ahram, 1975). En 1977, il devient ministre des Affaires étrangères et représente l’Égypte à l’ONU.

Les grands succès diplomatiques

Boutros Boutros-Ghali est connu pour être l’un des principaux artisans des négociations de paix israélo-arabes qui conduisent à la signature des accords de Camp David (1979) par Anouar el-Sadate et Menahem Begin. Le 1er janvier 1992, il devient le sixième secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies avec l’appui des États-Unis. Les Américains voient alors favorablement la personnalité de ce fin diplomate qui représente si bien le monde arabe et qui s’intéresse tant aux problèmes de l’Afrique.

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Les difficultés et les regrets

Homme de caractère, Boutros Boutros-Ghali rêve de placer l’ONU au centre des décisions internationales. L’histoire lui en offre la possibilité, car c’est sous son mandat que se jouent les périodes charnières du génocide rwandais, de la tragédie de l’ex-Yougoslavie et même de la Guerre froide. Il gouverne la vénérable institution d’une main de fer.

Malheureusement, Boutros-Ghali va se retrouver confronté aux intérêts des grandes nations et il ne parvient pas à extraire l’ONU de son immobilisme. Ses 5 années à la tête de l’organisme international sont d’ailleurs qualifiées par beaucoup comme la période des reculades de l’institution.

La disgrâce

Boutros Boutros-Ghali dénonce fréquemment le manque de soutien des pays anglophones et donc des États-Unis. La diplomatie américaine commence à juger ce politicien un peu trop proche des intérêts de la France. Madeleine Albright, alors secrétaire d’État des États-Unis, mène une campagne contre lui. On lui attribue l’expression que dans le rôle du secrétaire général, elle préfère une personne qui est plutôt secrétaire que général. Elle parvient à unir l’Angleterre et les pays africains à son avis et finalement, Boutros-Ghali ne peut pas prétendre au renouvellement de son mandat. Il cède sa place au Ghanéen Kofi Annan.

Il revient alors au Caire où il enseigne à nouveau à l’université. Il est fréquemment invité à des colloques internationaux. Quelques heures après l’annonce officielle de sa disparition, les dirigeants du monde entier ont salué un intellectuel épris de justice et un ardent défenseur de la démocratie.

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