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Nike et la fédération kenyane d’athlétisme au cœur d’un scandale de corruption

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La fédération d’athlétisme du Kenya, l’Athletics Kenya (AK), vit des heures sombres. Les scandales autour d’un système de corruption organisé se succèdent. L’enquête qui vise à éclaircir les soupçons de corruption entre l’équipementier Nike et les plus hauts responsables de l’AK est en train de faire des dégâts.

L’ancienne relation entre Nike et l’AK

L’enquête sur la possible corruption de l’AK par Nike a été dénoncée par un ancien employé de la fédération. L’affaire remonterait à l’année 2009, le moment où l’AK envisage de retirer le contrat de sponsoring qui unit les deux entités. Ce contrat impose le port des vêtements Nike par les athlètes kenyans quand ils représentent leur pays. Cela n’empêche pas les dirigeants de l’AK d’ouvrir des négociations avec l’équipementier chinois Li-ning pour changer de partenaire. Quand les responsables de Nike en sont informés, ils rappellent à l’AK que leur contrat ne peut pas être stoppé unilatéralement.

L’objet du délit

Un revirement de situation se produit alors et les responsables de l’AK acceptent de s’asseoir avec ceux de Nike. Ils parviennent à renégocier les termes du contrat en cours et ils semblent obtenir de juteuses améliorations.

Mais parmi les nombreuses contreparties qui sont listées, il y en a une qui alerte les policiers et le juge en charge de l’enquête en cours. C’est celle qui correspond à un versement de 500 000 dollars pour « commitment bonus ». Comme le précise M. Githongo, les termes de « commitment fees », « commitment bonuses », « access fees » ou « access bonuses » font partie des termes les plus fréquemment utilisés dans les accords officiels qui cachent une clause de corruption. D’ailleurs, le versement en une seule fois et immédiatement de cette somme est étrange. Il a fait l’objet d’un retrait tout aussi rapide par trois des principaux dirigeants de l’AK.

Un climat lourd et des perspectives sombres

Les nombreux scandales qui touchent l’AK ont déjà eu des conséquences importantes. Au début de l’année 2016, le président de l’AK, Isaiah Kiplagat, son vice-président, David Okeyo et Joseph Kinyua, le trésorier, ont été suspendus. La cause de leur mise à l’écart. La commission d’éthique de l’IAAF justifie sa décision par les preuves qui s’accumulent dans les enquêtes de « subversion potentielle du processus de contrôle antidopage au Kenya et détournement potentiel de fonds reçus par l’AK de la part de Nike. » À ce jour, Nike a toujours refusé de collaborer à l’enquête.

Devant l’ampleur des malversations, les athlètes kenyans ont mené une grève très médiatique à la fin de l’année 2015. Chacune de ces deux affaires les affecte directement. L’affaire Nike les prive d’une partie de leurs émoluments et celle de la subversion des contrôles antidopage pourrait se solder par une sanction plus grave de l’IAAF, le bannissement les athlètes kenyans lors des prochains JO à Rio.

À SUIVRE : 10 des évènements les plus marquants de l’histoire du sport.

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