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El Hadji Diouf, parcours d’un Lion aux multiples facettes

Dans le genre controversé, El Hadji Diouf n’a pas atteint les sommets de la démesure comme certaines stars du football. Il reste tout de même inoubliable pour son talent et ses coups d’éclats, pour son parcours que de nombreux professionnels considèrent comme perfectible. Entre démonstration de talent et controverses, redécouvrez El Hadji Diouf.

De l’or dans les pieds

L’international El Hadji Ousseynou Diouf qui s’est illustré dans de nombreuses équipes à travers le monde, s’est fait les pieds dans les rues du quartier de Balacoss, dans la ville de Saint-Louis au Sénégal, où il a vu le jour. Il a mûri son talent en France auprès de nombreuses équipes comme le SC Bastia, le RC Lens où il a notamment évolué en première division. Footballeur à la technique hors norme, il se rend indispensable dans les équipes en raison de sa capacité à créer les occasions, distiller des caviars, des passes décisives. Dribbler, réaliser des coups d’éclat, et marquer quelques fois, c’est cela, le style El Hadji Diouf. À Lens, on l’adore et il fait de l’équipe la vice-championne de France.

2002, l’année El Hadji Diouf

Son statut évolue suite à ses prestations remarquées à la coupe d’Afrique des Nations 2002 où le Sénégal échoue en finale face au Cameroun de Samuel Eto’o. Les sollicitations ne sont donc pas rares. Mais le must, c’est incontestablement le brillant mondial 2002 réalisé par les lions de la Teranga qui se hissent en quarts de finale, devenant du coup la seconde équipe africaine à atteindre ce niveau après le Cameroun de Roger Milla en 1990. El Hadji Diouf fait partie des meilleurs joueurs de la compétition et s’illustre notamment lors du match d’ouverture face à la France. Les tricolores, alors champions du monde en titre, mais orphelins de Zidane, sont mis au supplice par les dribbles chaloupés d’El Hadji Diouf. Au terme de la compétition, un transfert de 18 millions d’euros lui permet de rejoindre Liverpool. Il passe dans la Mersey, des saisons mi-figue mi-raisin mais son talent est indéniable.

Une carrière à controverses

Les saisons en demi-teinte ne l’éloignent pas du gazon, ou très peu. En fait, c’est son attitude qui plus que ses performances, fait entorse à l’émancipation totale de sa carrière. Les footballeurs ont de drôles de tendances, c’est un fait. Entre le coup de tête de Zidane, les coups de dents à la Suarez, les spectateurs ont été servis à maintes occasions. Mais dans le milieu du foot, ces attitudes débrident l’imaginaire et font parfois tâche.

El Hadji Diouf a été à plusieurs occasions très mal vu par le public du fait de ses insultes racistes, ses crachats, ses condamnations et ses bagarres… Ses coéquipiers et certains de ses fans affirment savoir de quoi il est capable, ce qui ne redore pas son blason. Son caractère semble avoir ruiné bien de rapports avec ses entraîneurs, en particulier durant son passage sur le territoire de la Reine d’Angleterre. Durant son passage en Ecosse chez les Glasgow Rangers par exemple, ni l’entraineur, ni le public, ne le portaient dans leur cœur.

On l’a souvent considéré comme irrespectueux et irrévérencieux envers son équipe du fait de sa tendance à jeter ou déchirer son maillot. Aujourd’hui encore, certains de ses coéquipiers le classent parmi les vedettes détestables.

Des relations tendues en sélection nationale

Lorsqu’il était dans son droit, cette réputation lui a parfois porté préjudice et rendu indéfendable. Son attitude et sa manière de revendiquer lui ont valu une suspension au sein de son équipe nationale. Le double Ballon d’Or africain (2001 et 2002) a à son actif, une liste interminable de comportements répréhensibles.

Dernier point sombre de sa carrière qu’il est difficile d’ignorer, c’est le fait que malgré son immense talent, il n’a jamais su adopter l’attitude adéquate pour remporter des titres avec sa sélection nationale. C’est ce que déplore le journaliste et écrivain Cheikh Sène Mbacké dans son livre Lions de la Téranga : vérités et contre-vérités sur les échecs répétés (2003-2013).

Pour conclure, malgré ses aptitudes, son charisme, sa capacité à se relever des pires situations et parfois sa détermination, l’histoire de El Hadji Diouf s’achève au niveau de certains paragraphes par des points de suspension. Mais il demeure à ce jour le premier et unique footballeur sénégalais à avoir été sacré Ballon d’or africain, et cela, rien ni personne ne pourra le lui enlever.

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