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Comprendre la crise boursière de la Chine en 6 points

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Le mois d’août 2015 a été marqué par une chute de la bourse de Shanghai. Elle a entraîné d’autres places importantes dans son sillage. Pourtant, on ne peut pas vraiment parler d’une surprise, car depuis quelques mois, certaines données indiquaient clairement que l’économie chinoise stagnait.

Pour certains investisseurs, cette chute de la bourse de Shanghai correspond à une phase transitoire avant une nouvelle reprise. Pour d’autres la crise est profonde et les perspectives sont préoccupantes. Dans le domaine des finances, il est toujours difficile de prédire l’avenir. À l’inverse, il est très facile d’analyser le passé et donc de déterminer les raisons de ce mini-crach. Il pourrait être le résultat d’un mouvement en 3 phases qui a débuté en 2008.

1. Le tournant de 2008

La Chine est connue pour sa capacité à changer de modèle commercial rapidement et à imposer sa vision à ses partenaires économiques. En 2008, après la crise des subprimes aux États-Unis et la faillite de Lehman Brothers, la Chine commence à se méfier des systèmes bancaires américains et européens. Dans le même temps, la demande internationale étant en berne, le gouvernement chinois décide de provoquer l’apparition d’une demande intérieure. Les salaires augmentent et des programmes immobiliers permettent à toutes les classes sociales d’accéder à la propriété. Le problème : il y a plus de propriétaires potentiels que d’appartements à vendre. En 2014, le marché immobilier étant saturé, les prix flambent. Les Chinois se tournent alors vers la bourse pour placer leur épargne.

2. Le boom de la bourse

L’arrivée de ces fonds sur les valeurs chinoises est massive. Entre 2014 et 2015, la bourse de Shanghai a gagné 150 % ! Des petits malins se rendent vite compte qu’il est intéressant d’emprunter de l’argent à sa banque et de le placer en bourse. L’importance de ces investissements à crédit a alors fait craindre un vacillement des marchés. Les autorités chinoises ont donc interdit aux banques de prêter de l’argent aux spéculateurs.

3. La correction des marchés

Ne bénéficiant plus d’une injection quotidienne de capitaux, la bourse de Shanghai a d’abord marqué une pause. Les investisseurs, sommés de rendre l’argent emprunté qu’ils avaient destiné à des investissements boursiers, commencent à liquider leur position. Là aussi, le mouvement est massif et il entraîne un effet boule de neige qui se solde par l’effondrement des valeurs boursières.

Depuis le milieu du mois d’août, la bourse de Shanghai a donc perdu 30 % de sa valeur. Cela est énorme. Cependant, quand on mesure l’évolution de l’indice de référence sur 24 mois, on constate que la bourse reste largement rentable pour ceux qui ont investi au moment de la reprise boursière de 2013.

4. L’impact boursier sur l’industrie

La baisse de la bourse de Shanghai n’affecte pas l’ensemble des sociétés chinoises. En Chine, à la différence de l’Europe ou des États-Unis, beaucoup d’entreprises ne sont toujours pas cotées en bourse. La culture chinoise considère que quand une start-up est rentable, c’est l’ensemble de la famille qui doit d’abord en bénéficier. Les pertes du marché n’affecteront donc pas ces entreprises de manière directe.

5. Des indicateurs préoccupants

Cette vision de la situation boursière de la Chine ne peut pas cacher que certains indicateurs communiqués récemment montrent que la croissance de l’économie chinoise stagne. Car en Chine, quand la croissance du PIB n’atteint que 7 %, on parle de contreperformance. Quant à l’indice PMI, mois après mois, il se contracte ; il est désormais passé sous la barre des 50. L’outil de production n’a été ajusté que très tard et les stocks se sont accumulés. Des secteurs complets de l’industrie sont touchés et des plans de licenciements sont lancés. Mais l’Europe et les États-Unis traversent une situation qui est semblable. Toutefois, la Chine dispose d’armes puissantes pour réagir.

6. Les armes pour rebondir

La Chine possède des réserves qui lui permettent de changer ou d’ajuster sa politique économique. En effet, la nation possède plus de 3 800 milliards de dollars de trésorerie. C’est toujours elle qui tire la croissance mondiale. Et si l’on regarde dans le détail les stratégies des entreprises, on constate que la production verte a le vent en poupe. Certains parlent même du virage écologique de la Chine. L’énergie éolienne, les panneaux solaires, la domotique, les réseaux de chaleur, le dessalement… Une multitude de projets dessinent le prochain visage du pays. Les secteurs de l’emploi de demain sont déjà en place.

Il est actuellement difficile de parler d’une crise en Chine. On assiste sans doute à la fin d’un cycle et à la naissance d’un nouveau modèle économique. N’oublions jamais qu’en Chine, on utilise le même mot pour parler d’une crise et pour parler des opportunités.

À SUIVRE : En Afrique, la Chine et les États-Unis mènent une bataille économique.

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