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Un rossignol béninois nommé Angélique Kidjo

En février 2015, Angélique Kidjo a reçu le Grammy Award du meilleur album de World Music de l’année, le troisième de sa carrière, pour « Eve ». Après un démarrage artistique et international assez long, la diva d’origine béninoise a réussi à inscrire son empreinte dans l’histoire de la musique contemporaine et est désormais acclamée dans le monde entier. Retour sur la carrière de celle que Time Magazine surnomme “la première diva africaine“.

14 juillet 1960

C’est le point de départ de toute une vie, la date à laquelle Yvonne et Franck accueillent leur nouvel enfant Angélique à Ouidah, une ville à l’époque portuaire, dans un pays qui devient quelques semaines plus tard, et plus précisément le 1er août 1960, une République, celle du Bénin.

La future artiste est née dans la bonne famille, celle qui permet au rêve de chanteuse qui sommeille en elle de devenir réalité. La mère d’Angélique était en effet directrice d’un théâtre et chorégraphe au sein d’une compagnie. Son père avait pour passion le banjo, et ses frères, eux aussi musiciens, créeront plus tard, un groupe du nom de Kidjo Brothers Band.

Du fait de sa croissance dans ce moule artistique, Angélique savait déjà chanter, danser, et prendre possession de la scène à seulement 20 ans. Sa réputation était grandissante. Au Bénin, tous ceux qui l’écoutaient étaient impressionnés par la texture de sa voix et la force qui se dégageait de sa petite personne. La providence lui permait d’enregistrer son premier album « Pretty » en France. L’Album fait un carton en Afrique de l’Ouest. Suite à cela, son producteur, le chanteur et compositeur camerounais Ekambi Brillant, l’exhorte à faire carrière en France. La vie de la jeune artiste béninoise prend alors un nouveau tournant.

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1991

La carrière du rossignol béninois a bien évolué depuis ses désillusions françaises. Après une belle carrière en groupe qui lui a assuré la notoriété nécessaire, Angélique vole de ses propres ailes. Elle enregistre d’abord l’album « Parakou » aux accents traditionnels béninois. Mais la réussite est plus retentissante avec  « Logozo », qui veut dire tortue en langue Fon. En 1994, elle enregistre son premier gros succès international « Aye », qui signifie la vie en Yoruba.

La musique et la mise en scène de l’album portent le sceau de l’originalité. On se souvient notamment du titre « Agolo » qui d’une certaine façon, a popularisé le rythme vaudou juju (le son du tambour qui parle). La carrière de l’artiste se poursuit entre les USA, Londres et la France. L’année suivante est celle des tournées internationales. Angélique en profite pour sceller des collaborations avec des artistes célèbres comme Carlos Santana, Manu Dibamgo ou encore Ziggy Marley.

Sa nomination en tant qu’ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF le 25 juillet 2002 est un signe de son engagement humanitaire.

2008 à nos jours : une nouvelle dimension

La particularité d’Angélique Kidjo, c’est sa longévité au plus haut niveau. En 2008, elle remporte le Grammy Award du meilleur album contemporain du monde pour Djin-Djin. En 2009, quelques mois après le décès de son idole Miriam Makeba, Angélique organise durant trois jours un hommage scénique qui rassemble de nombreux artistes de la jeune génération. Entre ses tournées et ses apparitions à de grands rassemblements comme celui du tirage au sort de la Coupe du Monde 2010, sa vie d’artiste se poursuit.

« Eve », son dernier album, est un hommage vibrant aux femmes de son continent. On peut entendre sur certains titres des cœurs de femmes béninoises et kenyanes, la voix de la mère d’Angélique ainsi que des artistes comme Asa ou Lionel Loueke.

Le saviez-vous ?

  • Angélique Kidjo est fan de la Mama Africa (Miriam Makeba). Cette dernière avait également beaucoup de respect pour Angélique. Angélique Kidjo a eu l’occasion de faire la première partie de son idole lors d’un concert à l’Olympia.
  • Angélique Kidjo a un enfant, une jeune fille qui se nomme Naïma-Laura.
  • Elle est mariée à Jean Hebraïl qu’elle a rencontré en formant son propre groupe de musique en 1989.
  • Certains de ses titres ont servi de bande originale au cinéma, notamment pour le film américain « Ace Ventura ». La chanteuse prête également sa voix pour la bande originale du film « Street Fighter ». Comment ne pas évoquer en outre le chef-d’œuvre musical « We are one » pour « The Lion King 2 » ?
  • C’est la voix d’Angélique Kidjo que l’on entend à la fin de « Kirikou et les hommes et les femmes », lorsque la sorcière Karaba se met à chanter pour accompagner la mélodie lancinante jouée par la mère de Kirikou.
  • Angélique Kidjo est la première femme à être classée par le magazine américain Forbes dans la catégorie des 40 célébrités les plus puissantes d’Afrique.
  • The Guardian l’a classée parmi les 100 femmes les plus inspirantes du monde

À SUIVRE : Ils sont 8 des chanteurs les plus engagés d’Afrique.

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