Politique

Patrice Lumumba : la grande âme sacrifiée


L’Afrique a connu de grands hommes. Parmi eux : Patrice Émery Lumumba de la République Démocratique du Congo. Premier ministre en 1960, il reste à la tête du gouvernement congolais très peu de temps. Son discours enflammé prononcé le 30 juin 1960, lors de l’accession du Congo à l’indépendance, a suffi pour sceller son sort. Découvrez le parcours de cet homme.

Élias Okitasombo

Élias Okitasombo est né le 2 juillet 1925. Cadet d’une fratrie de quatre. Il fréquente l’école catholique des missionnaires où il se fait baptiser par la volonté de son père. Il décide en 1943 de partir en ville pour tenter sa chance. Il change alors de nom et devient Patrice Émery Lumumba.

L’employé fidèle

Arrivé en ville, il travaille quelques temps dans une société minière à Kindu et à Kalima avant de rejoindre Kisangani où il est embauché à la poste. Il décide à ce moment de poursuivre à nouveau ses études en cours du soir et obtient son certificat d’études. En 1946, il est nommé percepteur adjoint à Yamgambi. L’année suivante, Patrice Lumumba est envoyé en formation à l’école de poste de Léopoldville. À son retour, il obtient une promotion et devient commis de troisième classe. Son influence commence à s’agrandir à partir de ce moment.

Arrêté pour détournement

En 1956, Lumumba est arrêté pour une raison tout à fait singulière : il est accusé de détournement d’une somme de 126 000 francs à la poste. Il reconnaît les faits, expliquant à la police :

 « L’argent a servi au renouvellement de ma garde-robe ».

Il est condamné à un an de prison. À sa sortie de prison en 1957, il s’en va de Kisangani pour s’installer à Léopoldville. Là, il est embauché comme directeur commercial dans une brasserie.

La naissance du panafricaniste

En octobre 1958, le Mouvement National Congolais (MN) est fondé et Lumumba en devient le président. Il assiste à la conférence panafricaine d’Accra où il rencontre Kwame Nkrumah, Gamal Abdel Nasser et Sékou Touré. C’est un Lumumba nouveau qui revient de cette conférence. Le panafricain en lui commence à poindre et à s’affirmer. Son discours se radicalise et se durcit. L’accès à l’indépendance de son pays devient pour lui une cause vitale.

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La difficile marche vers la liberté

En 1959, Lumumba rassemble les leaders politiques et réclame l’indépendance immédiate du Congo. Le discours est poignant et la foule acclame le politicien. Le mouvement est violemment réprimé et une vingtaine de personnes tombent sous les balles de la police. Lumumba est arrêté et incarcéré dans une prison au Katanga.

Les congolais se solidarisent et exigent la libération de leur idole et sa participation à la table ronde de Bruxelles. Le gouvernement belge, acculé, libère Lumumba qui rejoint aussitôt ses compatriotes.

« Nous préférons la liberté dans la pauvreté, dans la dignité plutôt que la richesse dans l’esclavage, dans la servitude, dans l’indignité. » dit-il.

Le discours de trop

Le 30 juin 1960, l’Indépendance du Congo est officielle et Lumumba est nommé Premier ministre. À l’inverse de Joseph Kasavubu qui a tenu des propos plutôt doux envers le royaume de la Belgique, Lumumba se montre virulent lors de son discours d’investiture. Il dénonce les abus du colonialisme. Le roi Baudoin, assis dans les tribunes officielles, s’offusque. Lumumba, qui vient de voir son rêve d’un Congo indépendant se réaliser, est déchu par Kasavubu en septembre 1960. Décrié par l’Occident, Lumumba poursuit son combat. Il est arrêté et assassiné en janvier 1961 à seulement 35 ans.

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