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En Ouganda, 16 600 malades du cancer ne peuvent plus suivre leur traitement

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Il y a quelques semaines, l’appareil qui servait au traitement de radiothérapie de l’hôpital de Mulago en Ouganda est tombé en panne. La rupture de Cobalt 60 a immédiatement entraîné l’arrêt des soins des malades qui suivaient un traitement contre le cancer. Afin d’aider les patients, le temps qu’une nouvelle machine soit livrée et installée, le gouvernement ougandais a décidé d’organiser le transport aérien de 400 malades vers l’hôpital Aga Khan de Nairobi. Cette décision a provoqué de vives réactions politiques.

L’annonce du gouvernement

C’est le ministre de la Santé, le Dr Chris Baryomunsi, qui a annoncé au Parlement que le gouvernement allait prendre en charge le billet d’avion de 400 malades du cancer afin qu’ils puissent poursuivre leur traitement de radiothérapie à l’hôpital Aga Khan de Nairobi. La machine de l’hôpital de Mulago étant tombée en panne et un certain temps étant nécessaire pour la fabrication et la livraison de la nouvelle, il était nécessaire d’agir au mieux et rapidement afin que le traitement des patients ne soit pas interrompu. Dans son intervention, le ministre a précisé que le nombre des malades affectés par ce problème s’élevait à 17 000 personnes, mais que l’hôpital de Nairobi allait en accueillir jusqu’à 400.

Une vive réaction politique

Le discours du ministre a provoqué un tollé chez ses opposants politiques. La majeure partie des interventions des contestataires a essentiellement concerné 2 points : l’absence de solution pour les 16 600 autres malades et le manque de suivi de l’administration publique. Muhammad Nsereko, le parlementaire de Kampala Central, s’est vivement adressé au ministre :

« Chaque vie compte dans ce pays. Comment allez-vous dire aux gens qu’ils vont mourir ? Votre déclaration va même les faire mourir plus tôt ! Où vont aller les autres ? Dites-nous simplement que nous devons informer des milliers de malades de nos provinces qu’ils doivent se préparer à la mort parce que nous ne les envoyons pas à l’hôpital Aga Khan».

Eddie Kwizera (parlementaire de l’Est Bufumbira Est) a informé la Chambre des députés que son comité avait rencontré des représentants du Conseil de l’énergie atomique. Ces derniers les auraient informés que depuis 2013, ils avaient émis de nombreuses alertes concernant le mauvais état des machines, mais que leurs rapports avaient été ignorés. Ces experts ajoutent qu’il n’est pas nécessaire d’acheter une nouvelle machine, car la réparation de la machine existante est possible.

La décision du gouvernement de transporter par avion 400 malades du cancer pour leur permettre de poursuivre leur traitement est sans doute louable. Mais laisser 16 600 malades en attente de l’arrivée d’une nouvelle machine est beaucoup moins judicieux.

À SUIVRE : Le cancer est-il en train de devenir le nouveau fléau de l’Afrique ?

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