Culture

Alpha Blondy, la figure incontournable du reggae africain

Qui n’a pas dansé sur les rythmes mélodieux d’Alpha Blondy dans Brigadier Sabary ou dans Mystic Power ? L’artiste a une notoriété qui dépasse les frontières ivoiriennes et africaines qui le place parmi les sommités de la musique reggae à l’échelle internationale. Mais avant que cela n’arrive, il a dû travailler et même trimer. Comment le « dieu » du reggae est-il parti de son Dimbroko natal pour finir sur le « toit du monde » ?

Chouchouté par sa grand-mère

Le « rastaphoulosophe », comme il aime se surnommer, a vu le jour le 1er janvier 1953 à Dimbokro. À l’état civil, on l’appelle Seydou Koné. Il vient d’une famille de neuf enfants, et est élevé par son aïeule qui le chouchoute fort bien et lui inculque un savoir culturel et linguistique ancestral. De cette époque Alpha retient un enseignement fondamental :

« Parler droit, ne pas mentir quelles que puissent être les conséquences ».

Des tendances musicales précoces

L’artiste commence à se faire connaître dès le lycée. C’est ainsi qu’avec ses amis Price, Pop Touré, Diallo Salia, il forme le groupe Atomic Vibrations. Plus attaché à la musique qu’à ses études, il se fait renvoyer du lycée normal de Korhogo en 1972. Comme quoi les plus grands hommes n’ont pas toujours un passé « lisse ».

Suivre les pas des Beatles

Plus tard, émerveillé par la beauté de la langue anglaise, il fait de l’auto-stop jusqu’au Libéria avec en poche 25.000 francs CFA (38 euros) reçus de sa mère. Il y apprend la langue de Shakespeare en enseignant le français. À son retour en Côte d’Ivoire, il n’a plus qu’un rêve : migrer aux États-Unis pour améliorer son niveau de langue et pouvoir chanter comme Les Beatles dont il est un grand admirateur.

L’époque ténébreuse

Le chemin qui mène au succès est souvent parsemé d’embûches et Alpha Blondy a connu des phases assez sombres dans sa vie. Arrivé aux États-Unis en 1976, il s’installe à New York et enchaîne les boulots de nuit tout en suivant des cours la journée. C’est aussi là qu’il se rapproche des rastas et de leur philosophie. Malheureusement, il ne tarde pas à tomber malade et abandonne ses études pour rejoindre son ami Oullaï Joachim qui vit à Waco dans l’état du Texas. Là-bas, il travaille d’abord dans des usines. Il est plus tard embauché pour le compte d’une grande maison de distribution de musique chrétienne. Il poursuit son rêve en continuant à écrire ses textes, mais ne parvient pas au succès escompté. Presque dépité, il retourne sur la terre de ses ancêtres en 1980.

Une ascension 

C’est en 1981 que la chance finit par sourire à Alpha Blondy. Il est invité par son ami Roger Fulgence Kassy, alors animateur à la RTI, sur l’émission Première chance. Il y interprète des titres de Burning Spear. L’émission à forte audience va le propulser. L’animateur ivoirien Georges Benson propose au jeune talent de le produire. Dès 1983, le premier album d’Alpha Blondy, Jah Glory, est dans les discothèques. Très vite, il fera le tour de la Côte d’Ivoire et des autres pays de la sous-région notamment avec le titre Brigadier Sabari. La carrière artistique de celui qui va devenir l’icône du reggae africain francophone commence ainsi.

Alpha Blondy a aujourd’hui à son actif dix-sept albums et des centaines de concerts avec son groupe le Solar System. Sa réputation s’étend d’un bout à l’autre du globe. Quel bel exemple de réussite fait-il !

À SUIVRE : Ils sont 8 des chanteurs les plus engagés d’Afrique.

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