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La difficile naissance du Soudan du Sud

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Les déclarations de quelques-uns des plus hauts responsables du gouvernement du Sud-Soudan et de la rébellion armée font craindre que l’accord de paix qui vient d’être signé par les deux partis ne soit pas respecté. L’histoire vous indique que ce nouveau cessez-le-feu a de toute façon peu de chance de durer.

La naissance douloureuse d’une nation

Fondée le 9 juillet 2011 à la suite d’un référendum, la République du Soudan du Sud a été immédiatement reconnue par l’ONU. Ce pays que l’on appelle aussi le Sud-Soudan est la plus jeune démocratie du monde. Essentiellement composé de trois régions historiques (Bahr el Ghazal, Equatoria et Nil Supérieur), le nouvel État, dont les frontières restent sujettes à discussion, couvre une superficie de plus de 619 000 km2.

Les guerres d’Indépendance

Le Soudan du Sud est né de la dissension politique et religieuse qui prévalait au Soudan. Le nord du pays étant plutôt de confession musulmane et le sud, de confession chrétienne. Les différences de vue sur les lois applicables dans le territoire ont conduit à la Première Guerre civile (1955-1972). Malgré une trêve de 10 ans, elle fut suivie par la Seconde Guerre civile (1983-2002), laquelle, avec ses deux millions de morts et quatre millions de déplacés, est considérée comme l’une des plus meurtrières de l’histoire de l’humanité. Le motif de ces guerres a toujours été le besoin d’Indépendance de la partie sud vis-à-vis du gouvernement central de Khartoum.

La pression internationale

Finalement, sous la pression internationale et notamment celle des États-Unis, la partie sud du Soudan bénéficia d’une large autonomie dont le cadre fut défini par l’accord de paix de Naivasha (janvier 2005). Au terme des six années qui permettait à cette vaste région de fonctionner comme un territoire indépendant avec un vice-président officiel, John Garang dans ce cas, le pays vota l’autodétermination du territoire.

Dissensions intérieures

C’est le président Salva Kiir qui prit la tête du pays assisté par le vice-président Riek Machar. Cependant, l’ambition des deux hommes conduisit au limogeage du second puis à des combats entre l’armée régulière et les partisans de Riek Machar. C’est toujours cette confrontation armée entre les deux hommes qui est aujourd’hui la cause de la violence qui règne dans le pays.

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Des accords de paix jamais respectés

Les nombreux accords de paix signés entre les deux hommes n’ont jamais été respectés plus de quelques jours. Pourtant, la pression internationale est forte et la menace de sanctions économiques contre l’une et l’autre partie n’y change rien. Pour beaucoup d’experts, les deux leaders n’auraient pas le contrôle de leurs propres troupes.

Le dernier cessez-le-feu signé le samedi 29 août est entré en vigueur le jour même, à minuit. Il est le fruit de la médiation de l’Igad. Malheureusement, dès le lendemain, les deux bandes rivales s’accusaient d’avoir violé cet accord. Il est donc fort probable que les combats reprennent sans attendre au Sud-Soudan.

Pourtant, la population peut légitimement aspirer à une vie heureuse. La nature s’est montrée généreuse avec les territoires du Sud-Soudan. Traversées par le Nil blanc, les terres sont parfaitement irriguées. Elles peuvent produire de grandes quantités de coton, d’arachides, de céréales, de cannes à sucre, de manioc et de fruits. Quant au sol, il regorge de pétrole, de fer, de cuivre et de métaux rares et précieux.

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