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Boko Haram transmet la première “preuve” de vie des lycéennes enlevées au Nigéria

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Deux ans après l’enlèvement des jeunes lycéennes de Chibok, au Nigéria, le groupe terroriste Boko Haram fait parvenir la première preuve de vie des sequestrées. C’est l’occasion pour le monde entier de se souvenir de ce triste évènement.

L’enlèvement des lycéennes

Dans la nuit du 14 avril 2014, des combattants islamistes pénètrent dans la ville de Chibok, une ville de l’État de Borno, au Nigéria. Face à une résistance policière inexistante, les terroristes gagnent le lycée de la ville où sont réunies 237 lycéennes âgées de 12 à 17 ans qui se préparent à passer les épreuves du baccalauréat. Les jeunes filles sont obligées de monter dans des camions afin d’être conduites dans la forêt de Sambisa, un territoire plus sûr pour l’organisation terroriste. Quelques jours plus tard, cet enlèvement massif est revendiqué par Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram. Il précise également ses intentions en déclarant :

« J’ai enlevé les filles. Je vais les vendre sur le marché, au nom d’Allah. Il y a un marché où ils vendent les êtres humains […] J’ai dit que l’éducation occidentale devait cesser. Les filles, vous devez quitter (l’école) et vous marier. […] Une fille de 12 ans, je la donnerai en mariage, même une fille de 9 ans, je le ferai ».

filles enlevées par Boko Haram

La réaction internationale

Ce rapt provoque une vague d’indignation au Nigéria. Un groupe se forme ; il se baptise « Bring back our girls » (Ramenez-nous nos filles). Il organise de nombreuses manifestations dans le pays pour exiger à Boko Haram la libération des jeunes filles, et au gouvernement de mettre en place toutes les actions nécessaires pour atteindre cet objectif. Les réseaux sociaux Twitter et Facebook s’enflamment. Très vite une réaction internationale va naître au sein de laquelle des personnes comme Michelle Obama, Hillary Clinton, Christiane Taubira ou Malala Yousafzai vont s’investir.

Pourtant, tout cela se soldera par de maigres résultats. D’ailleurs dans les jours qui suivent d’autres jeunes filles sont enlevées. Bien qu’une cinquantaine de jeunes étudiantes parviennent à s’échapper, on estime que Boko Haram et ses groupuscules détiennent 276 jeunes filles. La majorité aurait été effectivement vendue.

L’importance de la vidéo

Deux ans après, jour pour jour, le groupe Boko Haram a fait parvenir la première preuve de vie de ces jeunes séquestrées. Sur cette vidéo apparaissent 16 jeunes filles vêtues du hijab. Le gouvernement nigérian et les parents concernés ont reconnu et identifié les jeunes filles. Cette preuve de vie était demandée par le gouvernement dans le cadre d’une négociation qui porte sur un échange entre les jeunes filles et des combattants islamistes capturés par les forces gouvernementales. Cette possibilité est loin d’être acquise. Le ministre de l’Information du Nigeria, Mr Mohammed Lai, vient de déclarer :

« Ce qui est en jeu c’est la libération de plus de deux cents jeunes filles. Et l’on vient nous montrer seize jeunes filles seulement. Nous nous réjouissons bien sûr de savoir ces seize filles en vie. Mais nous voulons éviter de mettre le pied dans un système qui permettrait à Boko Haram de nous exploiter ».

Selon Mr Lai, Boko Haram a été très affaibli ces derniers temps. C’est donc une période propice à une négociation. Le gouvernement ne souhaite pas s’engager dans une succession de négociations qui porteraient sur la libération de petits groupes de 10 à 15 lycéennes et qui s’étendraient sur plusieurs mois, voire sur plusieurs années.

À SUIVRE : Boko Haram déscolarise 1 million d’enfants.

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