Culture

D’où viennent ces mystérieux tatouages qu’arborent les femmes berbères ?

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Chez les Berbères, le tatouage fait partie des rites les plus anciens, et nombreuses sont les femmes qui sont tatouées sur le front, le menton ou la joue.

D’après le comédien Pascal Tourain, “le tatouage, c’est une œuvre éternelle sur un support éphémère”. Retour sur des symboles que les femmes berbères portent sur leurs visages depuis des centaines d’années.

Une tradition millénaire en voie de disparition

Les origines de ce rite mystérieux remontent à la période pré-islamique pendant laquelle les ethnies berbères ont occupé plus d’une dizaine de pays africains. À l’époque, la plupart des femmes reçoivent leurs tatouages très jeunes. Dès l’âge de cinq ans, certaines filles sont tatouées par des voyageuses gitanes, appelées adassiyas, venues du Sahara. Bien souvent, ces femmes tatouées ne connaissent pas les artistes et ne savent pas pourquoi ces femmes nomades ont choisi de dessiner certains motifs en particulier.

Cette tradition est peu à peu oubliée à cause de la disparition des adasiyas. À cela s’accompagne le fait que la coutume va à l’encontre de l’islam tel qu’il est interprété dans de nombreux pays. En effet, pour les musulmans, le tatouage permanent est souvent proscrit car il représente une modification de l’oeuvre divine. Par contre, le tatouage au henné, choisi car il est provisoire et non mutilant, remplace souvent celui à l’encre.

La tatouage comme symbole de protection

Ces marques géométriques peintes sur le visage ont des symboliques bien précises dans le tatouage. Appelé el-âyacha, ou encore celui qui fait vivre, le tatouage peut avoir une fonction de protection des enfants et des nouveaux-nés, ou de communication entre le corps humain et le monde des esprits. Dans les milieux ruraux, les femmes protègent depuis toujours leurs enfants du mauvais sort et de la malchance en faisant un dessin sur le front avec de la cendre.

Bien des anthropologues se sont penchés sur l’étude de ces traditions et de l’origine de ces symboles. Par exemple, le point représente le foyer; le croissant de lune symbolise la matière qui naît, grandit et meurt; et le cercle signifie l’absolu. Les motifs peuvent aussi avoir des sens variés en fonction des origines de la personne. Les tatouages présents sur les bras ou sur les dos des mains sont utilisés à des fins de guérison en l’absence de médecins à l’époque.

Signe d’un statut social

Cette tradition, peut aussi exprimer un statut social. Les vieilles femmes berbères sont encore capables de citer la région d’origine de leurs congénères en fonction du nombre de traits sur les tatouages. Sur le front ou la tempe, le tatouage peut être identitaire et lié à une tribu donnée, comme les tribus des Drids ou des Beni-Douala qui l’utilisent comme signe de reconnaissance. Le tatouage rituel est encore courant au Yémen, dans le désert et au Maghreb, principalement chez les nomades.

À SUIVRE : Les Berbères : aux origines d’un peuple millénaire.

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