Culture

8 auteurs maghrébins prolifiques qui illustrent 3 phases littéraires majeures au Maghreb

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S’intéresser aux écrivains maghrébins, c’est comprendre la mouvance culturelle, sociale et philosophique de la société nord-africaine. La littérature maghrébine de langue française a connu plusieurs étapes d’évolution. Chaque période de l’histoire a apporté son lot d’écrivains, portes-parole d’une société qui évolue. Voici un palmarès de huit écrivains regroupées dans trois phases littéraires majeures.

La phase de la prise de conscience identitaire : la révolution littéraire maghrébine – Génération 1950

Driss Chraibi

Né le 15 juillet 1926 à la ville marocaine d’El-Jadida, il est l’auteur de plusieurs oeuvres majeures dont Le Passé simple (1945), le roman qui a sans doute eu le plus de succès et également le plus d’impact dans la société marocaine alors sous protectorat français. Un livre qui critique la bourgeoisie marocaine, à laquelle l’auteur appartient, l’islam hypocrite qu’exerce cette tranche de société ainsi que l’échec de l’intégration des Marocains dans la société française… Driss Chraibi traite plusieurs thématiques relatives au début du siècle dernier : colonialisme, condition de la femme, religion, racisme, souvent avec langage cru et réalisme certain.

Kateb Yacine

Né le 2 août 1929 à la ville de Constantine en Algérie, Kateb Yacine est l’un des pères de la littérature algérienne de langue française. Son Roman Nedjma, paru en 1956, est vu par plusieurs intellectuels algériens comme le texte fondamental de la littérature francophone du pays. Un livre où Kateb nous narre les aventures de quatre jeunes hommes dans l’Algérie coloniale qui tombent amoureux d’une Algérienne, Nedjma, et d’une Française.

Mouloud Mammeri

Né le 28 décembre 1917 dans la région de Tizi Ouzou en Algérie, Mammeri est à la fois écrivain, linguiste et anthropologue. Il publie son premier roman, La Colline oubliée en 1952, après une jeunesse passée entre voyages, études, campagnes (lors du débarquement américain en Italie, Allemagne et France) et enseignement. Fervent défenseur de la culture et de la cause kabyle, il écrit à ses détracteurs ceci : « Vous me faites le chantre de la culture berbère et c’est vrai. Cette culture est la mienne, elle est aussi la vôtre. Elle est une des composantes de la culture algérienne, elle contribue à l’enrichir, à la diversifier, et à ce titre je tiens (comme vous devriez le faire avec moi) non seulement à la maintenir mais à la développer. »

La génération révoltée – 1970

Abdelatif Laâbi

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Né à Fès au Maroc en 1942, il a commencé très jeune l’écriture. Avant d’être l’auteur prolifique que nous connaissons aujourd’hui, il a été le fondateur de la revue Souffles qui a joué un rôle majeur dans le renouveau de la culture marocaine et le rayonnement de la culture maghrébine. Une revue à laquelle collaborent plusieurs intellectuels de gauche comme Tahar Ben Jelloun, Mohammed Khaïr-Eddine ou Mostafa Nissaboury. Laâbi évolue dans une société post-coloniale en pleine transformation. Une période « noire » de l’histoire du Maroc qui a vu plusieurs transgressions des droits de l’homme, massacres et emprisonnements. Emprisonné huit ans, torturé, puis exilé en France, son combat et son engagement politique et littéraire lui valent plusieurs distinctions : avant tout une reconnaissance du public, et d’autres distinctions « académiques » dont celle du Prix Goncourt de la poésie en 2009. Ses écrits sont imprégnés d’un grand humanisme et touchent plusieurs genres littéraires : théâtre, essai, poésie, roman et même les livres pour enfants.

Tahar Ben Jelloun

Né le 1er décembre 1944 dans la ville marocaine de Fès, Tahar Ben Jelloun est sans aucun doute le plus connu et le plus prolifique des auteurs marocains de langue française. Professeur de philosophie et psychothérapeute, il reçoit le prix Goncourt en 1987 pour son roman La nuit sacrée.

Rachid Boudjedra

Né le 5 septembre 1941 à Aïn Beida en Algérie, Rachid Boudjedra est à la fois écrivain poète et scénariste. Après des études en philosophie à la Sorbonne et de mathématiques à l’université d’Alger, il quitte une énième fois l’Algérie à cause d’une condamnation à mort dont il faisait l’objet. Il s’exile en France et au Maroc où il travaille comme enseignant de philosophie. Son premier roman, La Répudiation, Denoël,1969 a vite eu un énorme succès et a été couronné par le prix des Enfants Terribles. Durant sa carrière, il publie une vingtaine de productions littéraires.

La génération passionnée et engagée

Fouad Laroui

Né le 12 août 1958 à Oujda au Maroc, Laroui est lauréat du prix Goncourt de la nouvelle. Cet ingénieur de formation (ENPC) se consacre très vite à l’enseignement, notamment à l’économétrie et aux sciences de l’environnement à l’Université libre d’Amsterdam. Laroui publie plus d’une vingtaine de nouvelles et d’essais.

Yasmina Khadra

De son vrai nom Mohammed Moulessehoul, il est né le 10 janvier 1955 à Kenadsa en Algérie. Cet écrivain, ex-officier de l’armée algérienne, est aujourd’hui traduit en 33 langues.

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