Culture

Baloji, l’artiste congolais aux rimes profondes

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Baloji est un artiste polyvalent qui impose son style très personnel dans le monde de la musique d’aujourd’hui. Amalgame d’une multitude de contradictions, ce créateur harmonieux trouve ses sources dans les tendances européennes, américaines et africaines. Il associe ainsi des rythmes très éloignés qui servent de mélodies à des textes engagés. Son dernier EP intitulé 64 Bits and Malachite est salué par la critique internationale et il connaît un succès remarquable auprès du grand public.

Une enfance blessée

Baloji est né le 16 septembre 1978 à Lubumbashi (République Démocratique du Congo). À l’âge de 3 ans, son père l’emmène avec lui en Belgique. Élevé dans le plat pays, il ne s’y sent jamais vraiment chez lui et son adolescence est une période compliquée. Petit malfaiteur, il fait des séjours en prison. Mauvais écolier, il n’obtient aucun diplôme. Chez lui, les relations qu’il entretient avec sa famille sont conflictuelles. À l’âge de 16 ans, il quitte la maison familiale. Il est alors logé dans une maison de jeunes où son intérêt pour la musique va naître.

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Les premiers pas, en groupe

En 1990, Baloji s’unit avec d’autres jeunes artistes de Liège (Wallonie) pour former le groupe de rap H-Posse. On y trouve DJ Mig One, Seg, Sly-D ou DJ Sonar. Au fil du temps, le groupe évolue avec le départ de certains membres, et l’arrivée d’autres, comme Akro ou Monsieur R. En 1996, il se rebaptise Starflam quand Kaer et l’Enfant Pavé se joignent à la bande. Leur premier album, Starflam (1998) est bien apprécié par les amateurs du genre, mais c’est avec son second album, Survivant (2001), que le groupe connaît la gloire. L’album enregistre 30 000 ventes et il est disque de Platine en Belgique. Malgré tout, le 3ème album Donne-moi de l’Amour (2003) est un échec et l’année suivante, le groupe se sépare.

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La carrière solo

L’année 2004 est une période durant laquelle Baloji s’éloigne du monde musical. C’est une lettre de sa mère, la première depuis leur séparation 22 ans plus tôt, lui demandant de ses nouvelles qui le pousse à revenir vers la musique.

Entre temps, Baloji remporte un prix de poésie à Paris, il se rend aussi dans son pays d’origine. Il se rapproche des musiciens africains et peu à peu son style artistique se dessine. Résultat de toutes ses contradictions internes, il sort son album Hotel Impala en 2008. L’album est une réponse à toutes les questions que lui posait sa mère et auxquelles il ne parvenait pas à répondre. Chaque titre est 100 % autobiographique. Hotel Impala est disque d’Or en Belgique.

En 2011, Bajoli sort son second album. Kinshasha Succursale fait davantage de place à la musique africaine, notamment à la rumba congolaise. Le chanteur s’entoure d’artistes de la scène congolaise actuelle et d’artistes congolais vivant en Belgique. Ce second album est encensé par la presse internationale. Le rappeur mélomane enchaîne plus de 250 concerts en Europe, en Afrique et aux États-Unis.

Son troisième opus, 64 Bits and Malachite sort en octobre 2015. Pour tous les spécialistes, c’est une parfaite réussite. L’EP confirme la maîtrise dont Bajoli fait preuve dans le mélange des genres. On y trouve les artistes congolais vivant en Belgique (Malage de Lugendo et Klody Ndongala) et des artistes locaux de Kinshasa dont Muanza de Chorale de Grâce et surtout de la voix incomparable de Petite Noir.

La somme des contradictions

L’inspiration de Baloji provient bien évidemment du rap et du hip-hop, mais aussi du soul, du jazz, du funk. L’electro et la transe font tout autant partie de ses références culturelles, tout comme la musique française. C’est à partir de 2004 que la musique congolaise s’installe dans les créations de Baloji. Dans ses chansons, il dénonce régulièrement les inégalités sociales et les méfaits de l’homme sur son environnement humain ou naturel. Mais plus qu’un artiste engagé, il se définit comme un artiste concerné.

Il a sans doute fallu du temps à Baloji pour qu’il trouve l’équilibre de tous les styles qu’il porte en lui. La complexité de la tâche intègre aussi le fait que Baloji est un artiste polyvalent. Ces clips nous prouvent que c’est un scénariste, un acteur et un directeur hors pair.

Baloji a plein de projets en tête. Il a deux autres albums en préparation, il travaille sur un long métrage et une série TV. Il espère également créer un musée itinérant dont l’EP 64 Bits and Malachite constitue le thème central.

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